Journée Blanche
Alain Guiraudie

Exposition
13 novembre — 19 janvier
Journée Blanche
Le réalisateur Alain Guiraudie présente sa première exposition “Journée Blanche” à l’Entrepôt du 13 novembre au 19 janvier 2020. Des projections de ses longs et courts métrages ponctueront l’événement. 

Depuis qu’il est apparu au début des années 90, Alain Guiraudie a inventé une œuvre à part dans le cinéma français, un continent solitaire à la fois libre et hédoniste, iconoclaste et absolument singulier. Dans Voici Venu le Temps, Le Roi de l’Evasion, L’inconnu du Lac, ou encore Rester Vertical, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes en 2017, cet artiste albigeois met en scène une France de la marge, des campagnes, des corps désentravés, où tous les genres et les âges se mêlent dans une grande fête utopiste. Une France diverse, en somme, dont il reste l’un des plus grands agitateurs, et dont cette série de photographies, intitulée «Journée Blanche», est un nouveau témoignage saisissant.

Produite initialement par le Fresnoy, Studio national des arts contemporains, l’exposition Journée Blanche se décline en quatorze photographies réalisées dans les friches post-industrielles du Nord. Des paysages étranges, partagés entre bêton et nature sauvage, aux scènes ordinaires de la vie d’un couple d’ouvriers, capturés nus au réveil ou s’ébrouant dans un champ de blé, Alain Guiraudie s’infiltre dans le quotidien de cette région précarisée, qu’il met en scène comme un paradis perdu. Il y a bien quelque chose d’un monde en déclin dans ces images, qui ne cachent pas la misère de ces grands navires industriels déchus, mais il s’en dégage surtout une puissante charge de vie, de tendresse et d’érotisme.

Car Alain Guiraudie n’est pas un photographe socio-réaliste. Il ne vient pas documenter la pauvreté de ce bassin ouvrier, mais à l’inverse en exalter la poésie, la profondeur d’âme, et même, parfois, la force mythologique. Ses nus ont l’élégance d’une Vénus Endormie, ses ouvriers ont la noblesse de cow-boys fordiens, et ses paysages ont l’ampleur des grands espaces américains. Et puis il y a l’humour, surtout, qui se lit dans ces moustaches trop bien peignées, dans ces symétries bizarres, ces cadrages burlesques et ces effets de dissonance. L’humour qui participe pleinement au projet politique de la série « Journée Blanche » : restituer l’humanité de ces régions ouvrières que plus personne, ou presque, ne veut voir. 

 

Informations pratiques 

Exposition Journée Blanche du 13 novembre au 19 janvier 2020
Vernissage le mercredi 13 novembre de 18h à 22h