Constantin CAVAFIS
Poèmes dits par Zygmunt Blazynsky

avec Zygmunt Blazynsky (Comédien) Après avoir fait les conservatoires de Tournai et de Valenciennes, a longtemps joué au Théâtre Populaire des Flandres sous la direction de Cyril Robichez et au Théâtre National de Strasbourg sous la direction d’Hubert Gignoux. Après une longue période d’arrêt et deux retraites passées dans l’ermitage du Père de Foucault à l’Assékrem dans le Hoggar, il s’oriente vers un théâtre poétique, spirituel et mystique. A Paris Formation sur le travail de l’Actors Studio avec Jack Walzer et Jack Garfein de l’Actors Studio de New-York. En 1994, il crée le « Théâtre du Regard » association loi 1901. Son objectif est la conception, la réalisation, la production et la (...) ... Lire la biographie complète
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Constantin P.Cavafy, connu également comme Kostantin ou Konstantinos Petrou Kavafis, ou Kavaphes est un poète grec né à Alexandrie d’Égypte le 29 avril 1863. Il est mort dans la même ville, en 1933, le jour même de son 70è anniversaire.
Très peu connu de son vivant, il est désormais considéré comme une des figures les
plus importantes de la littérature du XXè siècle. Il fut fonctionnaire au ministère des travaux publics d’Alexandrie, journaliste, et courtier à la Bourse d’Alexandrie.

BIOGRAPHIE

Constantin Cavafy est le septième des neufs enfants de Petros Kavafis, négociant en
import-export de textiles et coton, et de hariklia Photiadis, fille de diamantaire, tout deux
originaires de Constantinople et installés à Alexandrie. Son père décède en 1870 et la
famille s’installe alors en Grande-Bretagne, à Liverpool. Ces années passées en Grande-
Bretagne le marquent profondément et ses écrits dénotent une grande familiarité avec
la tradition poétique anglaise, particulièrement Shakespeare, Browning et Wilde. Sa langue maternelle resrera teintée d’une pointe d’accent anglais jusqu’à la fin de ses jours.
A la suite de spéculations hasardeuses, la famille se retrouve ruinée et retourne vers
1879 à Alexandrie, puis, anticipant les émeutes de 1882 qui allaient précipiter la guerre
Anglo-Egyptienne, les Cavafy quitte à nouveau cette ville pour Constantinople. Constantin Cavafy y vit trois ans,dans une certaine précarité ; c’est durant cette période que vraisemblablement il a ses premières relations homosexuelles et qu’il rédige ses premiers vers, en anglais, en français et en grec.

Cavafy a beaucoup voyagé en Angleterre, en France (où il a résidé) et en Grèce. S’il eut une petite notoriété au sein de la communauté grecque d’Alexandrie et quelques amitiés dans les cercles littéraires (il fut en relation pendant plus de vingt ans avec Edward Morgan Forster), pendant longtemps son oeuvre resta inconnue au grand public. Quoiqu’il ait rencontré de nombreux hommes de lettres grecs lors de ses nombreux déplacements à Athènes, il n’eut pas de réelle reconnaissance de ses pairs, probablement à cause d’un abord déroutant de la poésie pour l’époque. Un peu de lumière est portée sur son oeuvre par la publication, le 30 novembre 1903, dans la revue Panathi, de l’article historique de Xenopoulos sur cavafy, intitulé “Un poète”“. Ce n’est que près de vingt ans plus tard, au lendemain de la défaite grecque à l’issue de la guerre grecoturque, qu’une nouvelle génération de poètes grecs de tendance nihiliste , tels Kostas Karyotakis, puiseront leur inspiration dans son oeuvre.

Il n’a publié aucun recueil de son vivant, donnant des poèmes à des revues littéraires ou les faisant circuler auprès de quelques amis sous forme de feuillets et de brochures auto-édités. En outre il remaniait sans cesse ses textes, et en détruisait beaucoup, en particulier pour ses oeuvres de jeunesse. Ainsi, l’essentiel de son oeuvre a été composé après son quarantième anniversaire. Cavafy a publié 154 poèmes, auxquels on peut en ajouter 75 restés inédits jusqu’en 1968, et 27 autres qu’il avait publiés entre 1886 et 1898 mais reniés par la suite.

OEUVRE

Il est considéré comme l’un des poètes les plus célèbres de la Grèce moderne. Et comme Marguerite Yourcenaar le note dans la préface de la traduction qu’elle a faite de poèmes de Cavafy : “c’est aussi l’un des plus grands, le plus subtil en tout cas, le plus neuf peut-être, le plus nourri pourtant de l’inépuisable substance du passé.”
L’originalité de ce poète réside dans le fait qu’il sut de manière incomparable dépasser
le parnassisme et tracer en premier la voie de la modernité en Grèce, malgré la critique
et même la polémique de ses contemporains. De prime abord sa poésie frappe par la musicalité de sa langue, qui est celle des anciennes colonies grecques, mêlée à des éléments linguistiques archaïques remontant même jusqu’à Homère. Or son apport créateur repose d’abord sur l’utilisation d’une langue singulière, mais qui garde la fraîcheur de son passé, déridée et resplendissante. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le poète sut redonner vie à des mots à jamais péris, mais qui semble-t-il avaient toujours droit de cité à la périphérie coloniale grecque et à la diaspora.
Le recours à la mémoire est en second lieu l’aspect reconnaissable de la poésie de Cavafy. Il puise au passé ses thèmes choisis selon une technique jusqu’alors inconnue, en évacuant les contenus des mythes, pour ne garder que les noms. Il restructure ensuite ses propre mythes, en simulant une plongée dans l’histoire de la Grèce. Cette technique place la fiction du poète dans le voisinage des mythes que la tragédie ancienne put forger, éloignée du vécu historique. Les thèmes les plus marginaux, les
détails que l’histoire laisse de côté, l’insoupçonnable impression d’une rencontre, l’intimité d’une pensée furtive et les regards, attendris et émus sur le corps humain, tel est son matériel de prédilection. Loin du sentimentalisme, il érige un univers dans lequel
l’homme éprouve sa “corporéïté” à l’échelle de l’éternité.
C’est encore Marguerite Yourcenar qui conclut : “La réminiscence charnelle a fait de l’artiste le maître du temps ; sa fidélité àl’expérience sensuelle aboutit à une théorie de l’immortalité.


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